Régionales : de quoi est fait le socialisme 2.0 ?

Article écrit pour le journal du courant Un Monde d’Avance en mars 2010.

A quelques semaines des régionales, « la Cantine numérique » vient de fêter ses 2 ans. De quoi s’agit-il ?
Grâce à l’aide de la région et de la ville de Paris, cet espace de travail ouvert et collaboratif a pu voir le jour et 25 000 acteurs directs et indirects des nouvelles technologies s’y sont retrouvés pour échanger, présenter et développer des projets sur les nouvelles technologies de l’information de la communication (NTIC). Installé aujourd’hui dans une petite galerie couverte du 2ème arrondissement de Paris, ce lieu a accueilli également 1200 évènements sur l’ensemble des grands sujets du numérique et sous des angles très variés (économiques bien sûr mais aussi politiques ou artistiques).

Ce lieu est un exemple de la dynamique que la gauche sait créer autour du monde des PME. La « Cantine » est un lieu où ces PME peuvent trouver de l’aide, des talents, des conseils, du public. Un lieu où la dynamique se crée librement par la contribution de chacun sans une vision hégémonique ou une « planification » du territoire comme le propose la droite avec ses « pôles économiques » du Grand Paris.
En fait on trouve dans cette initiative un exemple très concret de l’application des idées que la gauche défend et des résultats qu’elle peut obtenir dans les domaines que l’opinion publique croit encore dévolus à la droite.

Le parti socialiste, fort de cette expérience propose aujourd’hui, dans son programme pour la région Ile-de-France, la création d’une Cité du numérique à vocation mondiale. S’ajouteront à ce qui a pu être fait à la « Cantine » deux nouveaux services : un incubateur offrant l’ensemble des ressources dont a besoin un entrepreneur pour mener à bien son projet (locaux, expertise financière, ressources humaines, etc.) et le « Fab Lab ». Le « Laboratoire de Fabrication », premier exemple du genre en France, sera une plateforme ouverte de démonstration, de création et de prototypage.

Dans le même temps, la droite ne se mouille pas trop et propose de « garantir à tous les Franciliens qu’ils accèderont à une connexion haut débit ou très haut débit d’ici 2012 », ce qui est déjà le cas (selon les propres chiffres du gouvernement)…

Quelle a été le reste de la politique de la région sur la question du numérique pendant cette mandature ?
Avec un budget de150 millions d’euros (sur 2005/2009), la région a su développer à la fois les infrastructures (installation de 1500 km de fibre optique) pour un million de Franciliens et les équipements, notamment dans les lycées (ordinateurs, clef USB avec logiciels libres, tableaux numériques interactifs) pour près de deux millions de Franciliens.
Ella a participé à l’émergence de projets autour des réseaux sociaux locaux, de la mobilité, de l’open source, des « green techs », de la cartographie (open map), de la mise à disposition des données publiques (open data), etc. et a apporté son soutien à la filière du jeu vidéo. La mandature à venir espère voir se développer des initiatives autour de la création de centres de télétravail (avec téléprésence).

Autre initiative, de la Ville de Paris cette fois : déployer un réseau mutualisé de micros antennes relais dans l’objectif de remplacer à terme le réseau d’antennes actuelles.
Une démonstration par l’exemple, qu’un retour de la puissance publique sur des terrains abandonnés à 3 (bientôt 4) géants privés, permet de concilier le besoin de plus de services technologiques et l’inquiétude sur les effets sanitaires des ondes.

Tous ces thèmes sont des enjeux très importants pour l’avenir que le gouvernement laisse pourtant de côté. On le voit bien : au niveau local, la gauche sait mettre en avant des politiques qui se fondent sur plusieurs piliers : la réduction des fractures, la créativité du tissu économique et associatif et la préoccupation écologique. Elle présente la déclinaison dans des domaines nouveaux de toutes les valeurs que portent la gauche depuis toujours et qui montre chaque jour un peu plus, que ces valeurs sont restées modernes et surtout qu’elles sont concrètement efficaces pour améliorer le quotidien.

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